24 janvier 2015

Une page essentielle

Il est extrêmement rare que Maurice Roman m’envoie une page complète. Généralement, comme j’ai eu l’occasion de le dire, ce ne sont que des fragments isolés. Je suppose qu’il considère donc celle-ci comme particulièrement importante, je la reproduis ici après l’avoir installée dans mon blog d’écriture : « Le refus dont m’avait giflé cette adolescente ne fit qu’aggraver mon engluement dans l’isolement de l’écriture où je trouvais nombre de justifications pouvant, à la fois, m’y inventer un monde que je maîtrisais, fuir les... [Lire la suite]

13 novembre 2013

comment se définit le destin

« J’étais au fond de la classe de mon père non que ma mère ne puisse me garder à l’étage au-dessus de la classe mais sa confiance en la culture était telle qu’il estimait qu’il n’était jamais trop tôt pour commencer. De plus je le soupçonne d’avoir éprouvé quelques remords à me faire vivre dans un village aussi isolé et « classiquement » inculte que La Roche. S’il avait choisi cet isolement pour fuir la société qui avait produit La Grande Boucherie de 1915, il ne voulait pas non plus que je devienne un sauvageon des... [Lire la suite]
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07 août 2013

réveil au pensionnat

Comme je le fais d’habitude j’avais mis en ligne une nouvelle page de la Vie de Maurice Roman à partir de ses fragments. Pour la première fois il me demande de poster ici, cette page qu’il a réécrite lui-même. La voici donc. « Au fur et à mesure de notre avancée dans la vie, il est des moments dont on se souvient, qui tiennent le plus souvent à une pénétration intime des choses, et que les souvenirs croisés confortent dans leur vérité ; ceux dont croit seul se souvenir mais qui ne sont parfois que le fruit de notre... [Lire la suite]
16 décembre 2012

reconstruire le passé

« J’ai dix huit mois, dit Maurice Roman, et le visage toujours aussi rond, coupé en deux par l’éclairage dessinant le profil droit sur la face, les joues pleines, les yeux ronds grand ouverts sur qui me photographie, une petite bouche serrée, quelque chose de figé comme si l’on m’avait intimé l’ordre de ne pas bouger, l’air sérieux, attentif, peut-être même vaguement craintif qui m’interdit de sourire. Quelques mèches de cheveux que je devine blondes sortent d’un bonnet à bordure de dentelle qui souligne et enserre tout mon... [Lire la suite]
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10 décembre 2012

le goût de la rhubarbe fraîche

«Parfois j’ai quelques souvenirs au bord des lèvres, écrit Maurice roman, une image plus ou moins floue, un fragment de parole, un son, une odeur, un parfum émergent de ma mémoire évoquant, comme une vielle photographie décolorée et usée par le temps, quelque chose qui a été, dont je suis sûr que ça a été. Pourtant, malgré mes efforts, et peut-être encore moins quand je m’y efforce, je n’arrive à rien construire à partir de là. J’ai en moi quelque chose qui demande à devenir perceptible, visible, un moment de ma vie qui voudrait venir... [Lire la suite]
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24 octobre 2012

Maurice Roman et l'écriture

«L’écrivain est autiste. Vivant dans le monde des mots, il façonne l’univers à la mesure de son vocabulaire. Les mots, leurs sonorités, leurs formes, les associations diverses qu’ils permettent, lui sont le monde ou, plus exactement la matière du monde avec laquelle il va élaborer, avec plus ou moins de difficulté, mais aussi avec une grande jouissance, ces univers dont il est alors le seul maître. Sentiment de toute puissance, autosatisfaction, il peut se passer des autres. Seuls ce qui se disent ses lecteurs trouve grâce à ses yeux.... [Lire la suite]
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17 octobre 2012

Découvrir le monde

«Je m’ouvrais au monde mais ce monde visible était alors si peu de choses. Au-dessus de ce que j’appris plus tard être mon berceau, un plafond de planches mal jointes d’où, parfois, tombait un peu de poussière et deux êtres, par alternances, qui me devinrent peu à peu familiers. Plus exactement peu à peu émergea du brouillard où je me trouvais une surface vaguement grise, presque uniforme avec de ci de là des tâches plus brunes et des rayures noires mais je ne savais alors ni ce qu’était un plafond, ni ce qu’étaient des planches ni... [Lire la suite]
06 octobre 2012

Naissance de Maurice Roman

«Toutes ces fêtes me sont si familières… Au travers de quelques autres toutes semblables, j’assiste à la noce de mes parents, j’y suis, je la vois, aussi présente que le paysage d’aube sur lequel s’ouvre aujourd’hui ma fenêtre. La longueur des préparatifs qui font, dans le village d’habitude si routinier, monter une fébrilité joyeuse ; les femmes qui chuchotent en commençant à regarder la jeune fille qu’était ma mère comme une des leurs ; l’étonnement des villageois lorsqu’ils se rencontrent et discutent sur la place ne... [Lire la suite]
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26 août 2012

Mariage des parents de Maurice Roman

La Roche, dit quelque part Maurice Roman, était un village sauvage, isolé par des forêts épaisses, des marais, de vagues pâtures où des masses de granit jouaient le rôle de sentinelle, séparé de plusieurs kilomètres d’autres villages tout aussi frustes et aller à Mende, la ville la plus proche, demandait plusieurs heures de marche ou de charrettes car pour les voitures, il faudrait attendre, d’autant que la route d’accès n’était guère qu’un chemin de terre et de cailloux, presque impraticable en temps de pluie ou de neige. Grâce à... [Lire la suite]
30 juillet 2012

Pratiques religieuses de la famille Mazel

Maurice Roman dit se souvenir d’un fait que son père aimait rapporter à ses amis avec une certaine fierté et qu’il lui aurait souvent rappelé au point qu’il ne savait plus vraiment si c’était un souvenir vrai ou un souvenir construit… Maurice avait six ans, et, alors qu’avec son père il regardait passer une des nombreuses processions catholiques qui encombraient la ville de Mende où ils étaient descendus pour une raison quelconque, il demanda à une dame respectable vêtue de noir qui, par hasard, se trouvait à côté de nous si elle... [Lire la suite]