28 avril 2013

être ou ne pas être heureux

« J'écris pour affirmer que j'ai vécu, pour résister au temps qui passe, dépasser la douleur des paroles tues, des silences définitifs, pour essayer de me souvenir, peut-être même m'inventer des souvenirs, m’entretenir de dialogues qui ne peuvent plus avoir lieu, emplir de vie la solitude qui me cerne, repousser, feindre d'ignorer le néant vers lequel je m'achemine à grands pas. J'écris pour tous ceux qui m'ont laissé en route creusant chaque fois un peu plus mon cerveau d’absence. Mon écriture est leur vie et la certitude de ma... [Lire la suite]
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13 mars 2013

Ce qui décide d'une vie

« La distinction entre les événements qui sont des signes du destin et ceux qui n’en sont pas n’est pas évidente. Comme je l’ai déjà signalé, nous vivions dans la nature en harmonie avec ses plaisirs et ses dangers, les uns pouvant rapidement prendre la forme des autres pourtant, les trois incidents dont je viens de parler — l’accident de René Bouissou, l’épreuve des vipères et l’égarement dans la tourmente — m’ont profondément marqué. Bien plus que d’autres qui ont été plus lourds de conséquences mais qui m’ont moins... [Lire la suite]
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04 février 2013

des souvenirs

«Le souvenir est comme un chien qui se couche où il lui plaît » dit Cees Nooteboom dans Rituels. J’aime cette phrase même si je n’en approuve pas le sens, du moins telle que je la comprends. S’il y a en effet une certaine indépendance du souvenir, la vie n’a vraiment de sens que celle que nous lui donnons, nous portons la responsabilité entière de ce que nous sommes, de ce que nous faisons. Toute ma vie, j’ai essayé de devenir quelqu’un, m’efforçant de produire des choses que je croyais remarquables, je me suis effacé devant... [Lire la suite]
17 janvier 2013

du silence de la solitude

« Dans le silence épais qui m’entoure, je me parle. Dans ma solitude, je me parle… Comme, je le pense, la plupart des hommes je me suis toujours parlé ainsi. J’écoute les mots que je me dis, ces mots qui me disent et, me disant, me disent le monde, ces paroles, cette voix, qui m’occupent sans cesse, proférant des choses banales, souvent sans intérêt, répétitives mais parfois aussi, me semble-t-il, originales et dans cette éternelle conversation intime, me disent que je suis vivant, encore vivant et que c’est le langage qui me... [Lire la suite]
28 décembre 2012

La lecture

«Je me suis bien endormi sur ma lecture d’Adorno, éveillé aussi. C'est une pensée stimulante. Mes notes sur le volume montrent que je l'avais lu et je me rends même compte que j'avais fait mienne certaines de ses idées en oubliant totalement d'où elles venaient. Faut-il parler de plagiat mémoriel ou d'acculturation ? Je suis mémoire et oubli. J’ai oublié presque tout de ce qui a été ma vie et pourtant, comme le montre ma lecture d’Adorno, la mémoire me constitue à un point tel que le présent de ma pensée est en partie constitué d’une... [Lire la suite]
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