29 septembre 2013

Le roman de Maurice Roman

Qu’est-ce qu’un roman ? Qu’est-ce qu’un sujet de roman ? Telle est la question que, dans son autobiographie, Maurice Roman pose avec force… Une vie banale dans un univers banal, aucun exotisme, aucune intrigue policière, une vie racontée au plus ras de la terre : « J’ai commencé à lire les années 1920-1930. Cette exploration-lecture est passionnante. Outre qu’elle concerne directement ma venue au monde, elle est pour moi, en grande partie une zone d’ombre et de mystère. » Les perceptions qui font la vie sont... [Lire la suite]

09 septembre 2013

Pourquoi Maurice Roman ?

Quelques un de mes trop rares lecteurs me demandent pourquoi je m’intéresse tant à la Vie de Maurice Roman au point de mettre en forme les rares fragments désordonnés qu’il me fait parvenir. À cela deux réponses : d’abord comme disait Montaigne « parce que c’était lui, parce que c’était moi », les affinités électives n’ont pas à se justifier et je me sens en communauté d’âme avec ce vieil homme que je n’ai jamais rencontré mais qui me semble parler comme je pourrais le faire dans une trentaine d’années ; ensuite... [Lire la suite]
29 août 2013

Maurice Roman et la mémoire

Ce que rapporte Maurice Roman dans son autobiographie peut, à certains, paraître d’une banalité affligeante, pourtant, comme chacun sait, si le diable se dissimule dans les détails, de divines surprises peuvent aussi y trouver leur place car ce qui m’importe dans ces textes, ce sont moins les faits — d’ailleurs peu nombreux — que la façon de les rapporter qui m’importe. Peut-être encore davantage, les espaces qu’il ménage entre les faits. Maurice Roman centre, ce qui est naturel dans une autobiographie, ses écrits sur le souvenir, la... [Lire la suite]
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15 avril 2013

changement d'époque

"Assez parlé de mon enfance, j’en ai assez dit pour situer les bases sentimentales sur lesquelles s’est construite ma vie. En parler davantage m’obligerait soit à faire du Pagnol, soit, pire peut-être encore, m’enfermer dans une forme d’autocomplaisance sentimentale: évoquer longuement le grand-père Mazel, avec son éternel béret et sa cigarette roulée de tabac gris toujours collée à la commissure droite des lèvres, lui qui m’a appris qu’il y a plus de choses dans la nature que dans tous les livres qui en parlent et que bien des... [Lire la suite]
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09 avril 2013

où nous mène Maurice Roman ?

L’autobiographie de Maurice Roman (n’intitule-t-il pas son ouvrage « ma vie » ?) n’a que peu à voir avec une réelle autobiographie car elle est infiniment lacunaire. De son enfance, par exemple, il ne dit presque rien. À peine rapporte-t-il quelques anecdotes qui lui semblent essentielles amis qui laissent leur lecteur sur leur faim. Car enfin nous ne savons presque rien sur cette école où il a passé plusieurs années et qu’il ne fait qu’évoquer comme si la nomination seule permettait au lecteur de se faire une idée de... [Lire la suite]
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04 février 2013

des souvenirs

«Le souvenir est comme un chien qui se couche où il lui plaît » dit Cees Nooteboom dans Rituels. J’aime cette phrase même si je n’en approuve pas le sens, du moins telle que je la comprends. S’il y a en effet une certaine indépendance du souvenir, la vie n’a vraiment de sens que celle que nous lui donnons, nous portons la responsabilité entière de ce que nous sommes, de ce que nous faisons. Toute ma vie, j’ai essayé de devenir quelqu’un, m’efforçant de produire des choses que je croyais remarquables, je me suis effacé devant... [Lire la suite]

17 janvier 2013

du silence de la solitude

« Dans le silence épais qui m’entoure, je me parle. Dans ma solitude, je me parle… Comme, je le pense, la plupart des hommes je me suis toujours parlé ainsi. J’écoute les mots que je me dis, ces mots qui me disent et, me disant, me disent le monde, ces paroles, cette voix, qui m’occupent sans cesse, proférant des choses banales, souvent sans intérêt, répétitives mais parfois aussi, me semble-t-il, originales et dans cette éternelle conversation intime, me disent que je suis vivant, encore vivant et que c’est le langage qui me... [Lire la suite]
28 décembre 2012

La lecture

«Je me suis bien endormi sur ma lecture d’Adorno, éveillé aussi. C'est une pensée stimulante. Mes notes sur le volume montrent que je l'avais lu et je me rends même compte que j'avais fait mienne certaines de ses idées en oubliant totalement d'où elles venaient. Faut-il parler de plagiat mémoriel ou d'acculturation ? Je suis mémoire et oubli. J’ai oublié presque tout de ce qui a été ma vie et pourtant, comme le montre ma lecture d’Adorno, la mémoire me constitue à un point tel que le présent de ma pensée est en partie constitué d’une... [Lire la suite]
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10 décembre 2012

le goût de la rhubarbe fraîche

«Parfois j’ai quelques souvenirs au bord des lèvres, écrit Maurice roman, une image plus ou moins floue, un fragment de parole, un son, une odeur, un parfum émergent de ma mémoire évoquant, comme une vielle photographie décolorée et usée par le temps, quelque chose qui a été, dont je suis sûr que ça a été. Pourtant, malgré mes efforts, et peut-être encore moins quand je m’y efforce, je n’arrive à rien construire à partir de là. J’ai en moi quelque chose qui demande à devenir perceptible, visible, un moment de ma vie qui voudrait venir... [Lire la suite]
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05 décembre 2012

Preuves du souvenir

Maurice Roman va ainsi passer du temps à rechercher tous les objets, toutes les images qui pourraient lui permettre de recréer ce temps dont il déplore la perte. Y a-t-il dans cette recherche la volonté illusoire de reconstruire cette vie dont il ne cesse de dire qu’elle lui échappe ? Ainsi de quelques souvenirs isolés se posant dans sa mémoire comme des photographies dont il n’aurait pas retrouvé la preuve matérielle mais qui, pourtant, lui semblent indéniables : «Ce souvenir fugitif — il évoque un homme qui lui aurait un... [Lire la suite]