25 mai 2013

un présent passé

Je ne me demande plus si je ne suis pas entrain d’inventer l’autobiographie de Maurice Roman, je l’invente. Mais je ne l’invente qu’à partir des fragments qu’il me fournit lui-même. J’aurais peut-être dû intituler ces écrits « Biographie de Maurice Roman » car c’est une tradition de la biographie que de combler les manques par l’invention de l’auteur. Seulement ma situation est un peu plus complexe : Maurice Roman est vivant, il lit ce que je publie et m’envoie de nouveaux fragments en n’ignorant rien de ce que je fais.... [Lire la suite]
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28 avril 2013

être ou ne pas être heureux

« J'écris pour affirmer que j'ai vécu, pour résister au temps qui passe, dépasser la douleur des paroles tues, des silences définitifs, pour essayer de me souvenir, peut-être même m'inventer des souvenirs, m’entretenir de dialogues qui ne peuvent plus avoir lieu, emplir de vie la solitude qui me cerne, repousser, feindre d'ignorer le néant vers lequel je m'achemine à grands pas. J'écris pour tous ceux qui m'ont laissé en route creusant chaque fois un peu plus mon cerveau d’absence. Mon écriture est leur vie et la certitude de ma... [Lire la suite]
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15 avril 2013

changement d'époque

"Assez parlé de mon enfance, j’en ai assez dit pour situer les bases sentimentales sur lesquelles s’est construite ma vie. En parler davantage m’obligerait soit à faire du Pagnol, soit, pire peut-être encore, m’enfermer dans une forme d’autocomplaisance sentimentale: évoquer longuement le grand-père Mazel, avec son éternel béret et sa cigarette roulée de tabac gris toujours collée à la commissure droite des lèvres, lui qui m’a appris qu’il y a plus de choses dans la nature que dans tous les livres qui en parlent et que bien des... [Lire la suite]
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09 avril 2013

où nous mène Maurice Roman ?

L’autobiographie de Maurice Roman (n’intitule-t-il pas son ouvrage « ma vie » ?) n’a que peu à voir avec une réelle autobiographie car elle est infiniment lacunaire. De son enfance, par exemple, il ne dit presque rien. À peine rapporte-t-il quelques anecdotes qui lui semblent essentielles amis qui laissent leur lecteur sur leur faim. Car enfin nous ne savons presque rien sur cette école où il a passé plusieurs années et qu’il ne fait qu’évoquer comme si la nomination seule permettait au lecteur de se faire une idée de... [Lire la suite]
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24 mars 2013

roman d'une autobiographie

Maurice Roman a une curieuse façon de construire ses récits. tantôt il reste dans la chronologie stricte et, s’engluant dans le souvenir, nous rapporte l’un après l’autre quelques uns des événements qui ont marqué son enfance ou sa vie ; tantôt il écrit de longues digressions sur l’écriture : « plus j’écris, plus je sens en moi un désir d’écriture autre mais je ne parviens pas à bien définir ce que pourrait être cet autre. Je sens un vrai manque d’adéquation entre mon désir et mes productions. Changer… mais comment,... [Lire la suite]
13 mars 2013

Ce qui décide d'une vie

« La distinction entre les événements qui sont des signes du destin et ceux qui n’en sont pas n’est pas évidente. Comme je l’ai déjà signalé, nous vivions dans la nature en harmonie avec ses plaisirs et ses dangers, les uns pouvant rapidement prendre la forme des autres pourtant, les trois incidents dont je viens de parler — l’accident de René Bouissou, l’épreuve des vipères et l’égarement dans la tourmente — m’ont profondément marqué. Bien plus que d’autres qui ont été plus lourds de conséquences mais qui m’ont moins... [Lire la suite]
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06 mars 2013

L'école

Il y a longtemps que je n’ai pas mis en ligne une nouvelle page concernant la vie de Maurice Roman : trop de choses à faire, trop de choses sans intérêt, mais à faire et dont il n’y a aucune raison que je parle ici. Ceci étant dit, je persiste… De digression en digression, je crains que vous n’ayez perdu le fil de son récit. Je vais essayer de le renouer en rassemblant quelques fragment sur son enfance… Notamment ces quelques notes où, au travers de souvenirs d’école, il parle de ses rapports avec son père qui, comme nous le... [Lire la suite]
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13 février 2013

Clone d'écriture

Je sais que l’expérience que je tente ici n’est pas ordinaire, écrire le roman du roman d’un auteur que je connais à peine relève de l’inconscience, peut-être même de l’ineptie, mais je ne recule que rarement devant les défis. Je ne connais Maurice Roman que par son œuvre, abondante, passionnante et pourtant, pour des raisons que je ne saurais dire, de moins en moins connue. Il aurait été plus facile d’écrire le roman d’un écrivain connu, une biographie romancée comme il y en a tant, ou mort ; plus facile aussi d’écrire la... [Lire la suite]
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04 février 2013

des souvenirs

«Le souvenir est comme un chien qui se couche où il lui plaît » dit Cees Nooteboom dans Rituels. J’aime cette phrase même si je n’en approuve pas le sens, du moins telle que je la comprends. S’il y a en effet une certaine indépendance du souvenir, la vie n’a vraiment de sens que celle que nous lui donnons, nous portons la responsabilité entière de ce que nous sommes, de ce que nous faisons. Toute ma vie, j’ai essayé de devenir quelqu’un, m’efforçant de produire des choses que je croyais remarquables, je me suis effacé devant... [Lire la suite]
17 janvier 2013

du silence de la solitude

« Dans le silence épais qui m’entoure, je me parle. Dans ma solitude, je me parle… Comme, je le pense, la plupart des hommes je me suis toujours parlé ainsi. J’écoute les mots que je me dis, ces mots qui me disent et, me disant, me disent le monde, ces paroles, cette voix, qui m’occupent sans cesse, proférant des choses banales, souvent sans intérêt, répétitives mais parfois aussi, me semble-t-il, originales et dans cette éternelle conversation intime, me disent que je suis vivant, encore vivant et que c’est le langage qui me... [Lire la suite]